28 octobre 2016 – 28 octobre 2019 : Ajavon a survécu à un faux coup de la ‘’Rupture’’

Sébastien Ajavon, le PDG de Cajaf-Comon quelques heures avant son interpellation, avait convoqué une conférence de presse réplique au cours de laquelle, il dénonça un coup monté et «des manières de voyous».

Face à la presse, Sébastien Ajavon lança : «Il paraît que quand on rentre en politique, il y a des coups que l’on reçoit. Nous recevons des centaines, des milliers de conteneurs. Comment est-ce qu’ils ont su que dans un seul conteneur il y avait de la drogue ? C’est une manière de voyou, puisque nous avons constaté que les scellés qui étaient sur les conteneurs n’étaient plus là. Et il y a 2 600 et quelques cartons dedans. Mais les produits n’ont pas été dissimulés dans les cartons, les produits, ont été laissés à l’entrée du container!». Et de poursuivre : «Ce sont des pratiques d’un Etat-voyou et de la Gestapo».

Tout sera parti d’un container destiné à la société Comon-Cajaf en provenance du Brésil qui a été intercepté le vendredi 28 octobre 2016. A l’intérieur, les gendarmes auraient saisi 18 kilos de ‘’cocaïne pure’’ «d’une valeur estimée à environ neuf milliards de francs CFA» selon les accusations des services spéciaux de l’Etat.

Dans la foulée, trois employés de la société, ont été arrêtés et placés en garde à vue. A cet effet, des responsables de la brigade du port de Cotonou, inspirés par la Direction des services de liaison et de la documentation (DSLD), une structure qui relève de la présidence de la République, ont donné une conférence de presse. C’était sous la férule du commandant Tchilao. C’est celui-ci qui a annoncé à l’opinion nationale et internationale la découverte de 18 kg de cocaïne dans les containers de la société Cajaf-Comon. Mieux, les conférenciers ont laissé entendre que les informations relatives à cette affaire leur ont été fournies par le FBI américain.

Sébastien Ajavon, le PDG de Cajaf-Comon qui n’a été ébranlé ni assommé par ce coup tordu, prit son courage à deux mains pour affronter ses bourreaux. Et dans la foulée, il répliqua aux accusations du commandant Tchilao. A cet instant, il n’a pas fait les choses à moitié. La riposte était à la taille de la provocation. L’attirail était proportionnel aux armes non conventionnelles utilisées contre lui.

Une interpellation sans mandat

A la sortie de cette conférence de presse, Sébastien Ajavon, a été interpelé. Sans mandat, les gendarmes sont venus le chercher à ‘’Marina’’ l’hôtel devant la presse et autres témoins oculaires. Du lieu de ladite conférence, ce fut un parcours de combattant jusqu’à la Direction régionale de la gendarmerie.

Mais avant, il fût d’abord conduit à la brigade maritime de la gendarmerie vers 18 heures. Il y passa quatre heures. Puis, vers 22 heures, à la demande du procureur, il fût conduit avec ses trois employés à l’Office spécialisé dans la lutte contre le trafic de drogue, (Ocertid).

Mais là, on refuse de les auditionner au motif que l’Ocertid n’avait pas été associé à l’opération de saisie. 45 minutes plus tard, il fût dirigé vers le siège de la direction régionale de la gendarmerie, où il passa finalement la nuit. Aucune notification de garde à vue ni de charge ne lui avait été faite, jusque-là.

• L’information comme une trainée de poudre, a déferlé sur Cotonou. Une foule de personnalités politiques, syndicaux et de la société civile, d’admirateurs, de proches, et de collaborateurs, a pris d’assaut ladite brigade. Et contre toute attente, la foule est venue chaque jour, soutenir ce ‘’prisonnier de luxe’’ jusqu’au 03 novembre, veille de son audience au tribunal de Cotonou.

Quelques moments palpitants de ce dossier rocambolesque

• 1er novembre 2016 : le président Nicéphore Soglo de retour de Paris, dans une interview à charge, a dénoncé cette interpellation de Sébastien Ajavon.

• 04 novembre 2016 : Après une journée mémorable et un procès à sensations fortes, avec les confusions des responsables de la brigade du port autonome de Cotonou, Sébastien Ajavon, a été libéré au bénéfice du doute à 21h15

• 21h 48 : Le véhicule de Sébastien Ajavon, a quitté le tribunal de Cotonou dans une grande liesse teintée de klaxons de motos et de véhicules.

• 22 h 18 : Sébastien Ajavon, s’est rendu à l’Eglise St Michel de Cotonou pour une action de grâces.

• 08 décembre 2016 : L’ambassade des Etats unis près le Bénin, a démenti lors d’une conférence de presse toute implication du FBI américain comme source de départ de la DSLD du Bénin.

15 décembre 2016 : Première sortie médiatique du président Sébastien Ajavon à l’international. A cette occasion, Sébastien Ajavon, a choisi lepoint.fr pour une interview exclusive. Au cours de l’entretien, il a expliqué les tenants et les aboutissants de ce fumeux dossier. «C’était un montage pour me décrédibiliser», a-t-il laissé entendre.

février 2017 : Sébastien Ajavon porte plainte contre X. Des manœuvres dilatoires sont orchestrées au Parquet général pour ‘’noyer’’ le dossier. Et depuis lors, dossier piétine.

22 avril 2017 : Sortie médiatique du président Ajavon. Ce jour-là, il a abordé plusieurs dossiers. L’échec de la révision de la Constitution le 4 avril 2017, le PVI, le monopole du coton détenu par les proches du chef de l’Etat, la gouvernance chaotique du pays et sa position par rapport à ses trois ministres au gouvernement.

septembre 2017 : Un redressement record de 167 milliards F CFA, a été infligé à la société Cajaf-Comon.

Un à un, les comptes de ses sociétés sont bloqués. Au nombre des comptes bloqués, il y a ceux de Cajaf-Comon, l’emblématique fleuron de l’économie béninoise. Conséquence, 3000 agents sont sur le carreau en instance de perdre leur job. Et le gouvernement de Patrice Talon, a fait délibérément le choix de refuser annuellement les 35 milliards de F CFA versés par cette société de Ajavon au trésor public.

mai 2018 : Dans l’impossibilité de bénéficier d’une justice équitable, Sébastien Ajavon porte plainte à la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples à Arusha en Tanzanie.

juillet 2018 : La Direction générale publié sur son site Internet, le classement annuel des 30 meilleurs contributeurs du Bénin au titre de 2016, place Sébastien Ajavon au premier rang avec près de 25 milliards de F CFA alors que son poursuivant n’affichait que sept milliards de F CFA

juin 2018 : On en était là quand la Criet a été mise sur pied à la hussarde par des gens qui ont piloté le dossier de son vote au Parlement de la 7ème législature jusqu’à 2 heures du matin avant d’aller prendre fonction ailleurs.

août 2018 : La Criet a pris fonction. Et après quelques dossiers de mise en condition, elle a affiché ses objectifs inavoués.

septembre 2018 : La Criet s’est donc saisie du dossier de Ajavon et a convoqué le président du patronat à la grande surprise des patriciens du droit.

4 octobre 2018 :

A l’audience de ce jeudi 04 octobre 2018, les conseils de Sébastien Germain Ajavon étaient là. On peut citer le fin procédurier, Marc Bensimhon, et les autres comme Issiaka Moustafa… En face, on avait le président de la Criet, Cyriaque Dossa sans oublier le procureur spécial de la Criet, Gilbert Togbonon.

La première audience a eu lieu sans les prévenus dont le principal, Sébastien Ajavon qui en bon stratège a su éviter la nasse de la Criet qui l’attendait. Le tribunal exigea sa présence avant tout débat. Le collège d’avocats nationaux et internationaux crient au scandale et dénoncent une parodie de justice. Rien n’y fit la séance fut reportée.

18 octobre 2018 : A ce rendez-vous mémorable pour que le droit soit dit, c’est un bis recommencement. Le collège des avocats de Sébastien Ajavon a été une nouvelle fois interdit de parole.

Dans un procès expéditif et rocambolesque, Sébatien Ajavon a été condamné pour 20 ans de prison par une justice aux ordres.

29 mars 2019 : Face à cette situation déplorable, Sébastien Ajavon, a saisi la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) pour casser le verdict de la Criet. Le 29 mars 2019, à Arusha en Tanzanie, l’État béninois a reçu l’ordre de casser la poursuite contre Sébastien Ajavon dans un délai de six mois.

29 septembre 2019 : A cette date butoir relative à cet ultimatum de la CADHP, l’Etat béninois n’a pas cru devoir s’exécuter. Ce qui l’expose à payer dans les prochains jours, 500 milliards de F CFA à Sébastien Germain Ajavon, au titre de dommages et intérêts pour préjudices.

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